sahara occidental

Sahel : le temps de la coopération maghrébine

par Charles Saint-Prot (mai 2012)

On se souvient qu'un bon nombre de miliciens touaregs ont été impliqués dans le mercenariat au profit de Kadhafi. Les stocks d'armes emportés après la chute du régime du tyran libyen ont considérablement renforcé la capacité de nuisance de certains groupes d'agitateurs au Sahel, notamment au Mali, face à des armées régulières mal encadrées et mal équipées. Le coup d'État du 22 mars 2012 à Bamako a conduit à une agitation qui a favorisé la conquête du nord du Mali par les séparatistes touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et divers mouvements extrémistes prétendument «islamistes ». Du coup, les putschistes qui voulaient protester contre la corruption et le manque de moyens accordés aux militaires pour maintenir l'ordre au nord du pays ont favorisé la partition. Les Etats membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ont condamné la proclamation d'indépendance des rebelles touaregs, du 6 avril, et réaffirmé leur attachement à l'intégrité territoriale du Mali et au principe de l'intangibilité des frontières. On aurait souhaité que certains de ces Etats, et d'autres membres de l'Union africaine, adoptassent le même principe de sagesse en s'abstenant jadis de reconnaître un Etat factice au Sahara marocain, inventé de toutes pièces par l'argent de Kadhafi et les services algériens. Sur ce point, on comprend mal comment Alger peut être à la fois contre la partition du Mali et pour la partition du Maroc, en voulant amputer ce pays de son Sahara... 

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