Il est temps de mettre fin au conflit sur le Sahara marocain

Par Charles Saint-Prot (mai - juin 2013)

Le vote de la résolution 2099 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Sahara marocain, le 25 avril 2013, a prorogé en l’état le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) jusqu’en avril 2014.

Ce vote qui se situe dans le prolongement des résolutions antérieures adoptées depuis 2007, est un succès pour le Maroc et pour la diplomatie du Roi Mohammed VI. En effet, le texte mentionne de nouveau le plan marocain d’autonomie et salue les efforts « sérieux » et « crédibles » du Maroc pour avancer vers une solution politique définitive. Par ailleurs, le texte invite les « États voisins » à s’impliquer en vue de mettre fin à l’impasse actuelle, ce qui revient clairement à mettre en cause le rôle de l’Algérie dont on connaît le rôle central joué dans cette affaire.

Fort du consens de tout son peuple, de celui des partis politiques, des syndicats, des corps intermédiaires, le souverain marocain s’est personnellement investi pour désamorcer le piège tendu à son pays par certains groupes d’activistes qui instrumentalisent les droits de l’homme à des fins partisanes et qui avaient réussi à faire proposer par les États-Unis le projet de modifier le mandat de la Minurso. Les diplomates des principaux pays avaient jugé ce projet particulièrement inopportun et dangereux, tout en notant qu’il n’appartient pas à de quelconques ONG, plus ou moins manipulées et prisonnière d’idéologies dépassées, de perturber le droit international d’une façon inconséquente.

La résolution du 25 avril clarifie les choses puisqu’elle rend hommage aux incontestables réalisations du Maroc en matière de droits de l’homme au Sahara marocain, notamment la mise en place, à Dakhla et Laâyoune, des commissions régionales du Conseil national des droits de l’homme. Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre plus général des avancées en matière des droits de l’homme depuis plus de douze ans. C’est pourquoi, il était incompréhensible
Il est temps de mettre fin au conflit sur le Sahara marocain de mettre en cause le Maroc, un des pays du sud de la Méditerranée accordant le plus d’attention aux libertés fondamentales et au développement de l’État de droit. C’était d’autant plus extravagant que les adversaires du Maroc sont loin d’avoir le même souci du respect des libertés fondamentales. En fait, ceux qui feignent d’être intéressés par les droits de l’homme – mais poursuivent d’autres desseins – ne regardent pas dans la bonne direction ; c’est dans les camps de Tindouf sous contrôle des miliciens du Polisario et de leur sponsor qu’il faut regarder.

En tout cas, l’administration des États-Unis a fait preuve de réalisme en renonçant à un projet conçu dans doute de manière trop hâtive. On ne peut que l’en féliciter car il ne faut pas jouer avec le feu dans une région sahélo-saharienne qui a besoin de stabilité, en particulier au regard de ce qui se passe au Sahel. La résolution onusienne établit clairement un lien entre le conflit sur le Sahara marocain et à la stabilité dans la région du Sahel. Il faut souligner que les risques radicalisation du Polisario et ses accointances de plus en plus avérées avec les groupes terroristes, comme Aqmi ou le Mujao, et les narcotrafiquants, rendent encore plus urgente la nécessité de mettre un terme à un conflit qui n’est qu’un reliquat de la Guerre froide. Comme l’a souligné le secrétaire général des Nations Unies à plusieurs reprises, le contexte géopolitique régional fait qu’il est urgent de mettre fin à un conflit qui n’a que trop duré. À cet égard, tout le monde sait que la seule solution crédible est de faire avancer le plan d’autonomie proposé par le Maroc depuis 2007.